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Les taux d'imposition des sociétés au Canada et la déduction pour petites entreprises

Le faible taux des petites entreprises est l'une des grandes raisons de se constituer. Voici comment fonctionnent les taux d'imposition des sociétés au Canada et ce que fait vraiment la déduction.

11 min de lecture Mis à jour le 4 octobre 2026

En 2026, le taux d'impôt fédéral des sociétés au Canada est de 15 pour cent sur le revenu d'entreprise général et de 9 pour cent sur les premiers 500 000 $ de revenu tiré d'une entreprise exploitée activement gagné par une société privée sous contrôle canadien (SPCC) qui demande la déduction accordée aux petites entreprises. Chaque province et territoire ajoute son propre impôt. En Ontario, le taux combiné des petites entreprises est de 12,2 pour cent jusqu'au 30 juin 2026 et de 11,2 pour cent à compter du 1er juillet 2026, après la baisse du taux inférieur ontarien de 3,2 à 2,2 pour cent. Le taux général combiné en Ontario est de 26,5 pour cent.

Le faible taux des petites entreprises est l'une des raisons les plus courantes de se constituer en société. C'est un avantage réel, mais il est aussi largement mal compris comme une simple façon de payer moins d'impôt. Ce guide explique comment fonctionnent les deux taux, quelles sociétés ont droit au taux réduit, ce qui réduit le plafond des affaires de 500 000 $, les taux de chaque province et territoire, et les échéances de production et de paiement liées à la déclaration de revenus des sociétés.

Les sociétés ont deux taux

Une société canadienne est imposée à deux taux possibles sur son revenu tiré d'une entreprise exploitée activement : un taux général, et un taux réduit des petites entreprises. Lequel s'applique dépend de l'admissibilité du revenu à la déduction accordée aux petites entreprises. Le gouvernement fédéral et la province ou le territoire où la société gagne son revenu imposent tous deux ce revenu, de sorte que chacun de ces deux taux comporte une part fédérale et une part provinciale.

Les taux fédéraux se construisent par étapes. Selon l'Agence du revenu du Canada (ARC), le taux fédéral de base est de 38 pour cent du revenu imposable, qui passe à 28 pour cent après l'abattement d'impôt fédéral pour le revenu gagné dans une province ou un territoire. La réduction du taux général ramène ensuite le taux fédéral net à 15 pour cent. Pour une SPCC qui demande la déduction accordée aux petites entreprises, le taux fédéral net est de 9 pour cent.

Taux fédéral (2026)Taux
Taux de base de la partie I38 %
Après l'abattement d'impôt fédéral28 %
Taux général net, après la réduction du taux général15 %
Taux net d'une SPCC qui demande la déduction accordée aux petites entreprises9 %

Qu'est-ce qu'une société privée sous contrôle canadien?

Seule une société privée sous contrôle canadien peut demander la déduction accordée aux petites entreprises. La définition de l'ARC comporte plusieurs volets techniques, mais de façon générale, une société est une SPCC à la fin de son année d'imposition si toutes les conditions suivantes sont remplies :

  • Elle est une société privée.
  • Elle réside au Canada et y a été constituée, ou réside au Canada depuis le 18 juin 1971.
  • Elle n'est pas contrôlée, directement ou indirectement, par des personnes non-résidentes, par des sociétés publiques, ou par une combinaison de celles-ci.
  • Aucune catégorie de ses actions n'est cotée à une bourse de valeurs désignée.

Une société typique dirigée par son propriétaire et constituée par des résidents canadiens, que ce soit sous le régime de la Loi canadienne sur les sociétés par actions ou de la Loi sur les sociétés par actions de l'Ontario, répond habituellement à cette définition. Le lieu de constitution ne change pas le taux fédéral. Ce sont la propriété et le contrôle qui comptent, et ils peuvent être évalués de façons qui ne sont pas évidentes, par exemple au moyen d'options ou de conventions entre actionnaires. Un comptable peut confirmer le statut d'une société donnée.

La déduction accordée aux petites entreprises

La déduction accordée aux petites entreprises abaisse le taux d'impôt fédéral à 9 pour cent sur les premiers 500 000 $ de revenu tiré d'une entreprise exploitée activement gagné par une SPCC. Ce montant de 500 000 $ s'appelle le plafond des affaires. Le revenu au-delà est imposé au taux général plus élevé. Le revenu qui n'est pas tiré d'une entreprise exploitée activement, comme la plupart des revenus de placement, n'est pas du tout admissible à la déduction, et le revenu d'une entreprise de prestation de services personnels en est également exclu.

Le plafond des affaires appartient à un groupe, et non à chaque société. Les sociétés associées, par exemple une société de portefeuille et la société d'exploitation qu'elle contrôle, partagent un seul plafond de 500 000 $. Elles le répartissent entre elles chaque année à l'annexe 23 de la déclaration T2, et le total réparti ne peut dépasser 100 pour cent. Notre guide sur les sociétés de portefeuille au Canada explique comment ces structures sont couramment mises en place.

Quand le plafond des affaires de 500 000 $ est réduit

Le plafond des affaires de 500 000 $ est un maximum. Deux règles fédérales peuvent le réduire, et la plus importante des deux réductions s'applique :

  • Revenu de placement passif. Si la société et ses sociétés associées gagnent ensemble entre 50 000 $ et 150 000 $ de revenu de placement total ajusté au cours de l'année précédente, le plafond des affaires est réduit de façon linéaire. Chaque dollar de ce revenu au-delà de 50 000 $ réduit le plafond de 5 $, de sorte que le plafond tombe à zéro lorsque le revenu passif dépasse 150 000 $.
  • Capital imposable. Si le capital imposable utilisé au Canada du groupe associé au cours de l'année précédente se situe entre 10 millions et 50 millions de dollars, le plafond des affaires est réduit de façon linéaire. À 50 millions de dollars ou plus, la société ne peut pas demander la déduction accordée aux petites entreprises.

Ces règles visent surtout les sociétés qui ont accumulé d'importants portefeuilles de placements ou des actifs considérables. La plupart des sociétés nouvelles et petites sont bien en deçà des deux seuils. À noter que l'Ontario ne suit pas la règle fédérale sur le revenu passif : l'ARC indique que le plafond des affaires de l'Ontario n'est pas assujetti à la réduction fédérale liée au revenu de placement passif. La réduction liée au capital imposable s'applique toutefois en Ontario.

Les taux provinciaux et territoriaux

Chaque province et territoire a un taux inférieur, qui s'applique au revenu admissible à la déduction accordée aux petites entreprises, et un taux supérieur pour les autres revenus. Certaines provinces utilisent le plafond des affaires fédéral de 500 000 $ et d'autres fixent le leur. Lorsque le plafond d'une province dépasse 500 000 $, le taux fédéral de 9 pour cent ne s'applique quand même que jusqu'au plafond fédéral. L'ARC perçoit l'impôt des sociétés pour toutes les provinces et tous les territoires, sauf le Québec et l'Alberta, qui administrent leur propre impôt sur le revenu des sociétés.

Province ou territoireTaux inférieurTaux supérieurPlafond des affaires
Colombie-Britannique2 %12 %500 000 $
Alberta2 %8 %500 000 $
Saskatchewan1 %12 %600 000 $
Manitoba0 %12 %500 000 $
Ontario3,2 % jusqu'au 30 juin 2026; 2,2 % à compter du 1er juillet 202611,5 %500 000 $
Nouveau-Brunswick2,5 %14 %500 000 $
Nouvelle-Écosse1,5 %14 %700 000 $
Île-du-Prince-Édouard1 %15 %600 000 $
Terre-Neuve-et-Labrador2 % (à compter du 1er janvier 2026)15 %500 000 $
Yukon0 %12 %500 000 $
Territoires du Nord-Ouest2 %11,5 %500 000 $
Nunavut3 %12 %500 000 $

Sources : la page de l'ARC sur les taux d'impôt des sociétés et sa liste des nouveautés pour les sociétés (changements de 2026 pour l'Ontario et Terre-Neuve-et-Labrador), et le gouvernement de l'Alberta pour l'Alberta. Le Québec a sa propre déduction pour petites entreprises, assortie de conditions supplémentaires, et n'est pas inclus ici. Les sociétés qui exploitent une entreprise au Québec peuvent consulter les taux en vigueur sur le site de Revenu Québec.

Taux combinés en Ontario, 2026

Comme le gouvernement fédéral et la province imposent tous deux le revenu des sociétés, le taux qu'une société paie réellement est la somme des deux. Pour une SPCC ontarienne, les chiffres de 2026 sont les suivants.

Type de revenuFédéralOntarioCombiné
Revenu de petite entreprise, avant le 1er juillet 20269 %3,2 %12,2 %
Revenu de petite entreprise, à compter du 1er juillet 20269 %2,2 %11,2 %
Revenu imposé au taux général15 %11,5 %26,5 %

La réduction ontarienne est calculée au prorata pour une année d'imposition qui chevauche le 1er juillet 2026, de sorte qu'une société dont l'exercice se termine le 31 décembre 2026 aura un taux ontarien mixte pour cette année. L'Ontario offre aussi un crédit pour la fabrication et la transformation qui peut ramener le taux ontarien sur le revenu admissible à 10 pour cent. L'impôt ontarien des sociétés est déclaré dans la même déclaration T2 fédérale, au moyen d'annexes ontariennes, et c'est l'ARC qui le perçoit.

Le hic : c'est un report, pas un rabais

Le taux réduit des sociétés n'est pas de l'argent gratuit. Lorsque vous sortez des revenus de la société pour les dépenser personnellement, sous forme de salaire ou de dividendes, vous payez de l'impôt personnel par-dessus. Le système canadien repose sur le principe d'intégration : grosso modo, vous aboutissez à un endroit semblable que vous gagniez le revenu personnellement ou par l'entremise d'une société et le sortiez au complet. Le véritable avantage est le moment : l'argent laissé dans la société est imposé au taux réduit et peut être réinvesti dans l'entreprise jusqu'à ce que vous en ayez besoin.

C'est pourquoi la décision de comment vous verser une rémunération compte tant, et pourquoi le salaire par rapport aux dividendes est un sujet à part entière. C'est aussi pourquoi la constitution en société tend à être la plus avantageuse financièrement lorsqu'une entreprise gagne plus que ce dont son propriétaire a besoin pour vivre. Notre comparaison entre l'entreprise individuelle et la société couvre les autres différences, comme la responsabilité limitée et les coûts continus.

Échéance de la déclaration T2 et date de paiement de l'impôt

Toute société résidant au Canada doit produire une déclaration de revenus des sociétés T2 pour chaque année d'imposition, même si elle n'a aucun impôt à payer et même si elle a été inactive. L'échéance de production et l'échéance de paiement sont deux dates différentes, et la date de paiement arrive en premier.

  • Échéance de production. La déclaration T2 doit être produite dans les six mois suivant la fin de l'année d'imposition. Pour une année qui se termine le dernier jour d'un mois, elle est due au plus tard le dernier jour du sixième mois suivant. Une fin d'exercice au 31 mars donne une échéance au 30 septembre, et une fin d'exercice au 30 juin donne une échéance au 31 décembre.
  • Date d'échéance du solde. En général, tout impôt à payer est exigible deux mois après la fin de l'année d'imposition.
  • Solde exigible à trois mois pour certaines SPCC. Le solde est exigible trois mois après la fin de l'exercice si la société était une SPCC tout au long de l'année, a demandé la déduction accordée aux petites entreprises pour l'année en cours ou l'année précédente, et si son revenu imposable de l'année précédente (combiné avec celui des sociétés associées, le cas échéant) ne dépassait pas son plafond des affaires.

Des intérêts courent sur tout solde impayé à la date d'échéance du solde, même si la déclaration elle-même n'est pas encore en retard. Les sociétés fédérales et ontariennes produisent aussi une déclaration annuelle distincte en vertu du droit des sociétés, qui n'est pas la T2. Notre guide sur les déclarations annuelles des sociétés au Canada explique la différence, et Korporex peut déposer pour vous la déclaration annuelle de l'Ontario ou la déclaration annuelle fédérale.

Les acomptes provisionnels

Dès qu'une société doit plus qu'un petit montant d'impôt, elle paie généralement en cours d'année plutôt qu'en un seul versement après la fin de l'exercice. De façon générale, les règles fonctionnent ainsi :

  • Aucun acompte provisionnel n'est exigé si l'impôt à payer de la société est de 3 000 $ ou moins pour l'année en cours ou pour l'année précédente.
  • Autrement, les sociétés versent généralement des acomptes mensuels, le premier étant dû un mois moins un jour après le début de l'année d'imposition.
  • Une petite SPCC admissible peut plutôt payer trimestriellement. Elle doit avoir des antécédents d'observation parfaits et, avec ses sociétés associées, un revenu imposable de 500 000 $ ou moins et un capital imposable utilisé au Canada de 10 millions de dollars ou moins pour l'année en cours ou l'année précédente.

Une entreprise nouvellement constituée n'a habituellement aucun acompte à verser au cours de sa première année, puisqu'elle n'a aucune année antérieure d'impôt à payer. Le montant à verser par la suite, et la méthode de calcul à utiliser, sont des questions à poser au comptable de la société.

Se préparer à l'impôt des sociétés

  • Se constituer en société, au fédéral ou en Ontario. La déduction accordée aux petites entreprises n'est offerte qu'à une société.
  • Obtenir un numéro d'entreprise. Une société fédérale ou ontarienne en reçoit un de l'ARC, et c'est le numéro de compte pour les déclarations T2 de la société.
  • Choisir une fin d'exercice. Elle fixe l'échéance de production de six mois et l'échéance de paiement de deux ou trois mois.
  • Séparer l'argent de la société et l'argent personnel, habituellement au moyen d'un compte bancaire d'entreprise distinct.
  • Retenir les services d'un comptable pour préparer la déclaration T2 et conseiller sur le salaire, les dividendes et les acomptes.

Pour en savoir plus sur la deuxième étape, consultez notre guide sur comment obtenir un numéro d'entreprise de l'ARC. Les professionnels comme les médecins et les avocats peuvent aussi accéder au taux des petites entreprises au moyen d'une structure réglementée, présentée dans notre guide sur les sociétés professionnelles au Canada.

Où se situe Korporex

Le taux des petites entreprises n'est offert qu'à une société, alors y accéder commence par la constitution. Korporex dépose votre constitution fédérale ou ontarienne en ligne, l'étape qui rend la déduction accordée aux petites entreprises accessible à votre entreprise. Korporex ne prépare pas de déclarations de revenus et ne donne pas de conseils fiscaux; votre comptable s'occupe de la T2. Si vous évaluez si la démarche vous convient, notre guide sur comment vous constituer en société en présente l'aspect pratique.

Questions fréquentes

Quel est le taux d'imposition des petites entreprises en Ontario?+

Pour une société privée sous contrôle canadien qui demande la déduction accordée aux petites entreprises, le taux combiné fédéral et ontarien sur les premiers 500 000 $ de revenu d'entreprise exploitée activement est de 12,2 pour cent jusqu'au 30 juin 2026 et de 11,2 pour cent à compter du 1er juillet 2026. C'est le taux fédéral de 9 pour cent plus le taux inférieur ontarien, passé de 3,2 à 2,2 pour cent.

Quel est le taux général d'imposition des sociétés au Canada?+

Le taux général fédéral net est de 15 pour cent en 2026, après l'abattement fédéral et la réduction du taux général. Les provinces et territoires ajoutent leur propre taux supérieur, qui va de 8 pour cent en Alberta à 15 pour cent à l'Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador. En Ontario, le taux général combiné est de 26,5 pour cent.

Toutes les sociétés ont-elles droit au taux des petites entreprises?+

Non. Seule une société privée sous contrôle canadien peut demander la déduction accordée aux petites entreprises, et seulement sur le revenu tiré d'une entreprise exploitée activement jusqu'à son plafond des affaires. Le revenu de placement et celui d'une entreprise de prestation de services personnels ne sont pas admissibles. Les sociétés associées partagent un seul plafond de 500 000 $.

Quand la déclaration de revenus d'une société est-elle due au Canada?+

La déclaration T2 est due six mois après la fin de l'année d'imposition de la société. Tout impôt à payer est généralement exigible plus tôt, deux mois après la fin de l'exercice. Certaines SPCC qui ont demandé la déduction accordée aux petites entreprises et sont restées sous leur plafond des affaires l'année précédente ont trois mois pour payer. Des intérêts s'appliquent ensuite.

Une nouvelle société doit-elle verser des acomptes provisionnels?+

Les acomptes ne sont pas exigés lorsque l'impôt à payer est de 3 000 $ ou moins pour l'année en cours ou l'année précédente. Une nouvelle société n'a pas d'année précédente, donc les acomptes ne sont généralement pas exigés la première année. Par la suite, les sociétés paient généralement chaque mois, et une petite SPCC admissible peut payer chaque trimestre.

Le taux est-il différent pour une société fédérale en Ontario?+

Non. Une société constituée sous le régime fédéral et une société constituée en vertu de la loi ontarienne paient les mêmes taux sur le revenu gagné en Ontario. L'impôt des sociétés dépend de l'endroit où le revenu est gagné et du statut de SPCC, et non de la loi de constitution. Le choix entre le fédéral et l'Ontario repose sur d'autres facteurs, comme la protection du nom.

Korporex n'est pas un cabinet d'avocats et ne fournit pas de conseils juridiques. Cet article présente de l'information générale sur la constitution en société et la conformité au Canada; il ne remplace pas les conseils juridiques ou fiscaux professionnels adaptés à votre situation.

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